vendredi 13 novembre 2009

Lumière au bout du tunnel



Voilà, j'ai changé d'ordinateur. L'ancien était devenu trop instable et j'ai horreur d'être à la merci des caprices d'une machine! J'aurai besoin de temps pour tout transférer les données et les photos, ce qui risque de retarder un peu mon billet sur Ernesta. Mais je ne vous oublie pas!

mercredi 11 novembre 2009

Après la pluie




mardi 10 novembre 2009

Palazzetto Stern (la suite)




Quelques précisions… Comme je l’ai mentionné précédemment, le palazzetto Stern est construit là où se trouvait jadis le Palazzo Michiel-Malpaga, somptueux palais de quatre étages dont on peut voir quelques représentations dans des tableaux de Canaletto, de Bellotto, sur des gravures de Dioniso Moretti et dans un dessin de Guardi. Au début du XIXe siècle, il ne restait de ce palais que la façade du rez-de-chaussée à partir duquel un atelier de céramique appartenant au peintre Raffaele Carbonaro et au sculpteur Achille Tamburlini avait été construit. C’est d’ailleurs d’eux, qu’en 1909, Ernesta Stern achètera l’atelier laissé à l’abandon afin de faire ériger un nouveau palais. Le projet de construction sera confié à Giuseppe Berti et à Raffaele Mainella, un ami proche d’Ernesta qui avait également signé la décoration de ses deux autres résidences. Les travaux débutèrent à l’automne 1910. Ernesta tenait beaucoup à avoir un petit jardin donnant sur le Grand Canal, il fut alors nécessaire de détruire ce qui restait de l’ex-palazzo Michiel, à savoir le portail gothique surmonté d’une ogive, les deux fenêtres gothiques et les deux colonnes torsadées de la façade. Ce petit jardin, où se trouve l’actuelle terrasse, était pavé de briques en arêtes de poisson, comportait quatre plates-bandes fleuries, une margelle de puits et était cintré d’un mur crénelé.
Le palais était alors composé d’un rez-de-chaussée et d’un étage. Les différentes façades ornées de patere aux motifs divers, de blasons, d’un Saint-Georges combattant le dragon (cf. Rizzi,
Scultura esterna a Venezia, Venezia, Stamperia di Venezia Editrice, 1987.). L’inauguration du palais aura lieu le 30 avril 1912. Figuraient parmi les invités : Raffaele Mainella, la comtesse Elsa Albrizzi et sa fille, le comte Grimani, le baron Gerlach, la comtesse et le sénateur Papadopoli, la comtesse Emo, les signore Rietti-Stucky, la princesse Polignac, les Curtis, etc. La fête fut qualifiée par la presse de l’époque « de rêve inoubliable ». Ernesta Stern y tiendra, comme à Paris, son petit salon, lieu de rencontres mondaines, de spectacles intérieurs et extérieurs. Les tragiques événements de 1914 vinrent cependant mettre un terme aux fêtes du palazzetto Stern. Ernesta rentra en France. Après la guerre, à son retour à Venise, elle fut soulagée de retrouvé le palais intact. Mais l’atmosphère avait changé et en 1924, le palais fut vendu au peintre Samuele Finckestein. Après la mort d’Ernesta, en mai 1926, les nouveaux propriétaires firent ajouter l’étage supplémentaire en 1927. Ces travaux furent aussi exécutés par Berti à la demande de Giuseppe Finckestein. C’est à eux qu’on doit la « chapelle abside » qu’on aperçoit à droite du palais. Cet endroit servait notamment d’atelier et d’espace d’exposition.
J’ai lu que par la suite, ce palais a aussi été le siège de l’E.M.P.A.S. La palais qui a fait l’objet d’une longue restauration est à présent devenu un hôtel de luxe. L’intérieur comporte encore aujourd’hui les éléments décoratifs conçus par Mainella.
Voilà pour l’histoire du palazzetto Stern. Je vous présenterai, dans les jours à venir, le portrait d’Ernesta Stern.

L’essentiel de ma documentation provient d’un long article extrait de la Rivista della facoltà di lingue e letteratura straniere dell’université Ca’Foscari, XLVI, 2, 2007 : « Le stagioni di Ernesta e del Palazzetto Stern » de Maria Teresa Biason et Ivana Paoluzzi, p.77-108. Il est consultable en ligne et comprend plusieurs illustrations que je n’ai pas voulu reproduire ici sans autorisation.

lundi 9 novembre 2009

Ralentissement...

Un petit mot pour vous prévenir que je risque de prendre un peu de retard car mon ordinateur fait encore des siennes... J'espère pouvoir régler ça rapidement.
À bientôt,
AnnaLivia

dimanche 8 novembre 2009

Palazzetto Stern





Terrasse sur le Grand Canal avec son remarquable margelle de puits (IX ou Xe siècle)

Encore un de ces palais du Grand Canal qui a été transformé en hotel... Le palazzetto Stern, qui a aussi été connu sous le nom de Ca' Madama Stern, est situé entre le rio Malpaga et la calle del Traghetto à Dorsoduro. Il a été construit au début du XXe siècle sur l'emplacement et à partir des vestiges de l'ancien Palazzo Michiel-Malpaga, palais datant du XVe siècle qui a été laissé à l'abandon. La reconstrustion pour le compte de la famille de collectionneurs d'art et mécènes, les Stern, se déroule de 1909-1912 sous la direction de l'architecte Giuseppe Berti et la décoration est signée Raffaele Mainella (1856-1941). (Billet à venir sur Ernesta Stern...)

Palazzetto Stern avant l'ajout d'un étage.

Palazzetto de nos jours

jeudi 5 novembre 2009

Patere






mercredi 4 novembre 2009

Ombre et lumière




mardi 3 novembre 2009

Compositions abstraites

J’ai capturé ces images lors d’une balade à la Giudecca en septembre dernier en observant la base du mur qui borde le fameux jardin « Eden ». Ces compositions abstraites me plaisent beaucoup. Elles concentrent tout ce que j’aime à Venise : les pierres, l’eau, les reflets, les couleurs, les textures où la vie s’accroche avec ténacité.




Les parties immergées des bricoles et des murs qui bordent les canaux sont « des lieux de vie animale et végétale intense. Nombre d’espèces de mollusques et d’algues y trouvent refuge et pitance. » (p.24, Guide Gallimard, Les encyclopédies du voyage)
L’étagement d’algues et de micro-organismes, visible sur les bords des canaux soumis aux fluctuations de la marée (zone intertidale) témoigne d’une activité biologique parmi le plus riches de Méditerranée. (p.28, ibid.)


Je vous conseille un très beau livre qui propose des photographies originales: Venise, Miroir des signes de Pierre-Jean Buffy et Bernard Neau aux éditions Terre de Brume.

Présentation de l'ouvrage:

Ce livre fut pour Pierre-Jean Buffy “l’aventure d’une vie”, une quête spirituelle comme une expérience poétique, une enquête sur lui-même et l’âme intime de Venise à travers ses signes, ses symboles. Pensant que voir c’est apprendre à entendre, il voulait raconter par l’image “une histoire dont Venise est le miroir” : la sienne, la mienne, celle du lecteur. Il avait pris le parti de ne pas représenter directement les humains et les lieux, mais de recueillir sur les murs, les portes, les bordures des canaux, les statues des quais et des ruelles, les traces d’une mémoire collective et ancienne. Hommage amoureux à une ville qui hanta son imaginaire et dont il traversa le rêve en infatigable piéton. Démarche profondément intuitive visant à rassembler, relier, relire, recommencer… Méditation sur l’instant, l’effacement, le silence, la durée. Hymne aux éléments et aux matières par l’attention portée aux choses et au “geste de la pierre et de l’homme” jusque dans les plus petits détails. Alors, le lecteur comprendra que “chaque photo a une histoire”, et j’espère qu’il partagera notre passion commune pour le déchiffrement de cette énigme vénitienne.

Bernard Neau

lundi 2 novembre 2009

Chiesa San Nicolo dei Mendicoli




Façade latérale baroque (1750-1760)

Je garde un agréable souvenir de la visite de cette église. C’était à la fin d’un après-midi ensoleillé. Nous avions, pensais-je, l’endroit pour nous, pas de surveillant en vue. Alors, j’ai photographié consciencieusement tout le tour de l’église. Arrivée à la fin, j’apercois la gardienne qui vient gentiment me dire qu’on ne peut pas prendre de photos… S’était-elle endormie? Aussi a-t-elle poursuivi en nous faisant une charmante visite guidée, nous parlant des différents tableaux et autres détails de l’église. C’était en italien et j’en ai perdu des bouts… Il y avait notamment l’histoire d’un martyr, Saint-Niceta, qui périt par le feu et dont les reliques sont conservées dans une de chapelles latérales.

San Nicolo dei Mendicoli est une très ancienne église qu’on trouve dans un quartier reculé de Dorsoduro. Sa fondation remonte au VIIe siècle par un groupe de Padouans venus s’installer là après avoir fui les Lombards. Quelques hypothèses circulent autour de l’origine de son nom. Une première veut qu’il vienne de la déformation de mendigola, ancien nom de l’île sur laquelle l’église a été construite. On a aussi dit qu’elle devait son nom aux mendiants (mendicoli), pêcheurs pauvres qui habitaient les environs.

L’église est reconstruite au XIIe siècle. Elle est de style vénéto-byzantin et présente un plan basilical à trois nefs, une abside centrale, un presbytérium, deux chapelles latérales. Elle sera à plusieurs reprises restrusturée et modifiée. Durant la première moitié du XIVe siècle, les chapiteaux des colonnes de la nef centrale sont remplacés. Puis vers 1580, ajout des boiseries dorées, semblables mais antérieures à celles de l’église des Carmini. Les dernières grandes modifications datent de 1750-1760, moment où fut ajoutée la façade latérale de style baroque.
Le portique extérieur qui date du XVe siècle est le seul exemple qui ait subsisté avec celui de San Giacometto di Rialto. Il a été reconstruit en 1903 et abrite quelques fragments lapidaires trouvés lors de la restauration de l’église.

Portique

Au XXe siècle, une première série de travaux de restauration se déroulera de 1903-1924. L’église sera cependant très endommagée par la terrible inondation du 4 novembre 1966. Elle sera de nouveau restaurée de 1971-1977 grâce à la fondation Venice in Peril.

Détail du plafond d'une des chapelles

Chapelle latérale




Plafond avec peintures de L. Corona et F. Montemezzano

Les fresques du plafond (XVIe s.) présentent des scènes de la vie de Saint-Nicolas. Deux d’entre-elles sont de Leonardo Corona et le tondo du centre est de Francesco Montemezzano. La nef centrale contient un cycle de décorations, douze panneaux, dédié au Christ et à Saint-Nicolas.



Choeur avec la grande niche qui abrite Saint-Nicolas


Saint-Nicolas était évêque de Mira en Licie, il est représenté, dans la niche du chœur, avec les trois bourses pleines d’argent qu’il apporta à trois jeunes filles que le père destinait à la prostitution. Avec la dot ainsi constituée, les jeunes filles purent se marier. Cet épisode est raconté dans la Divine Comédie de Dante, aux vers 31-33 du chant 20 du Purgatoire. (p.561, 30 itinéraires à la découverte de la ville, Paolo Giordani)

samedi 31 octobre 2009

Petits coins tranquilles




jeudi 29 octobre 2009

Couleurs de Venise

Après le parapluie, le retour du soleil qui réenchante la ville!





mercredi 28 octobre 2009

Un peu limite...



Me voilà un peu à l'étroit...
Les pointes du parapluie raclaient carrément
les murs! Pas toujours évident de se promener à
Venise quand il pleut. Une seule envie, arriver au bout
de la calle avant que quelqu'un ne s'engage en sens inverse!

mardi 27 octobre 2009

Jardins de Venise






lundi 26 octobre 2009

La Pietà

Façade qui ne fut complétée qu'en 1906

L'église Santa Maria della Visitazione o della Pietà a été construite entre 1745 et 1760, selon un projet de Giorgio Massari, à côté de l'ancienne Pietà (celle où travaillait Vivaldi) et dont on peut encore voir quelques vestiges dans l'actuel Hotel Metropole. "L'intérieur, "l'un des plus élégants et harmonieux du XVIIIe siècle vénitien" a un plan ovoïde avec plafond à voûte et presbytétium à fond plat. Le long des murs s'ouvrent deux choeurs avec des grilles en fer forgé; c'est là que les jeunes filles recueillies par l'institution donnaient leurs célèbres concerts de musique et de chant." (p.89 Venise: Trente itinéraires à la découvertes de la ville, de Paolo Giordani)

J'ai eu le bonheur de pouvoir visiter cette église dans le cadre de la Biennale en septembre. Je ne l'avais, jusque-là, jamais trouvée ouverte. Je sais qu'il est possible d'y voir des concerts et d'y visiter le petit musée consacré à Vivaldi.


Le retable du maître-autel Visitation de Marie fut commencé
par Giovanni Piazzetta et achevé par G. Angeli.





Fresque de Giambattista Tiepolo, L'assomption et le couronnement de la Vierge

Fresque de Tiepolo (détail)
Pour en savoir plus: http://www.pietavenezia.org/

dimanche 25 octobre 2009

Capitelo pour Annie

I thought you might like this one that I found at the Giudecca...




Un petit mot sur les capiteli, petits symboles qu'on croise abondamment au fil des calli vénitiennes.

« 1128: Venise se dote de l'éclairage urbain ! Le Doge Domenico Michiel
décide de sécuriser les calli en allumant à la tombée de la nuit une lampe dans
chacun des petits autels dédiés à la Vierge, autels appelés ancone et qui
étaient placés aux coins des canaux et des principales calli. Cette décision
fait de Venise la première ville d'Europe (hormis Constantinople) à avoir été
dotée de l'éclairage urbain.
»
réf : http://www.e-venise.com/dates-histoire-venise-1100.htm
Suite à l’adoption de cette loi par le Doge, on installera des cesendeli (lanternes votives vénitiennes) dans plusieurs capiteli stratégiquement situés, notamment aux « crosere » (intersections), aux « cantoni » (angles), près des ponts, dans les sotoportici, etc.
Les capiteli, dont la forme et la taille varient, en plus de leur fonction d’éclairage constituent également des lieux de dévotion, des petits lieux de culte populaires à l’extérieur des églises. Ces petits autels extérieurs sont d’ailleurs encore de nos jours entrenus par les habitants des quartiers où on les trouve, il n’est pas rare de les voir ornés de fleurs et autres images pieuses. On en dénombre encore aujourd’hui plus de 350. Le sestier de Castello est celui dans lequel on en trouve la plus grande concentration.


Sur les « capiteli » :

F. Cuman et P. Fabbian, I capiteli di venezia : arte sacra minore in Venezia catalogo fotografico, Ed. Helvetia, 1987.
A. Rizzi, Scultura esterna a Venezia, Stamperia di Venezia Ed., p.73-78
http://www.veneziamuseo.it/CAPITELLI/capitelli_caxa.htm